L’idée de la gratuité et de l’universalité de l’éducation en Haïti s’est dégagée dans toutes les Constitutions de la République,  mais s’est encore mieux précisée dans celle de 1987 en ses articles 32.1 à 32.3. Article 32.1: « L'éducation est une charge de l'Etat et des collectivités territoriales. Ils doivent mettre l'école gratuitement à la portée de tous, veiller au niveau de formation des Enseignements des secteurs public et privé ». Article 32.3: « L'enseignement primaire est obligatoire sous peine de sanction à déterminer par la loi. Les fournitures classiques, et le matériel didactique, pris en charge par le Gouvernement, seront mis à la disposition des élèves au niveau de l'enseignement fondamental ».Ces principes ont été renforcés par la participation et l’entérinement par Haïti de toutes les conventions sur l’éducation pour tous.

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Santé et nutrition à l’école

 

Cette sous-composante permettra d’élargir le programme du gouvernement en faveur de la santé et de la nutrition des élèves. Mis en œuvre par le Programme national des cantines scolaires (PNCS), ce programme est exécuté par des ONG sous-traitantes choisies par le Ministère de l’éducation. Mais il est entendu que le PNCS effectue le contrôle de la qualité nutritionnelle et de la distribution des produits aux écoles. Les prestataires de services livreront chaque jour un repas chaud et un snack aux établissements participants. Le programme prévoit aussi une campagne de déparasitage, consistant dans la distribution d’albendazole à toutes les écoles, deux fois par an.
Le PNCS dans le processus de recrutement d’ONG de service de cantine scolaire utilise les procédures courantes en application dans le Projet EPT I. En résumé, il procède par Appel à Manifestation d’Intérêt. L’évaluation des dossiers est conduite par un Comité d’évaluation dont fait partie, le PNCS, le service de passation des marchés, les services de gestion financière. L’évaluation des ONG tient compte de leurs capacités à fournir les services suivant les termes de référence. Leur recrutement ultérieur dépendra des performances déployées dans la fourniture des services.

A la suite des faiblesses constatées dans l’exécution des contrats (EPT I), des exigences d’amélioration seront faites aux ONG. L’exécution des contrats est supervisée par le PNCS qui dispose d’une antenne de supervision dans chaque Direction départementale. Des agents de suivi sillonneront le terrain une fois par trimestre. La Coordination centrale du PNCS réalise une mission de contre-vérification deux fois l’an : avant et après l’audit financier. Les ONG contractantes adressent au PNCS des rapports mensuels qui seront diffusés aux parties prenantes, particulièrement à la Coordination du  projet EPT II.

Dans le cadre de la deuxième phase du projet, quelques améliorations seront apportées aux protocoles de livraisn des services, notamment la livraison du snack (déjà préparé) le matin strictement entre 7 heures et 8 heures et l’intégration des micronutriments dans les plats chauds à être fournis aux élèves.  Pour aborder le problème de la disponibilité du combustible dans les écoles bénéficiaires de la cantine, un Cadre de Gestion Environnemental et Social (CGES) a été élaboré. Il contient entre autres des propositions stratégiques visant à atténuer les risques d’impacts négatifs sur l’environnement.

Les activités de cantines scolaires seront réalisées sous la supervision des DDE pour lesquelles de tels services sont offerts aux écoles (ce point fera partie intégrante des contrats). La vision du programme est d’étendre ses services aux dix (10) DDE. En conséquence, une plus grande implication des DDE dans le processus de fourniture des services de cantines scolaires ne pourra que garantir l’efficacité du programme. Cette intégration DDE/PNCS devient urgente quand on la place dans la perspective de l’extension des services de cantines scolaires aux écoles à gestion communautaire. Toutefois, comme le fait remarquer le PNCS, afin de garantir la qualité des services, les conditions minimales d’octroi de cantines doivent être réunies, savoir : infrastructures scolaires ; dépôt ; cuisine, eau, latrine et si possible cafétéria. La réalisation d’une évaluation d’impact afin de mesurer les effets du programme sur la santé/nutrition des enfants, sur leur rendement scolaire des élèves est à envisager. Le renforcement du personnel du PNCS est aussi de toute necessité.

En outre il est important de vérifier dans quelle mesure le ciblage actuel s’aligne avec la nouvelle carte de la vulnérabilité nutritionnelle de la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA) de 2013 et de la possibilité de revoir le ciblage des écoles. En sens, les étapes suivantes sont à envisager :
Le PNCS et les PTFs du sous-secteur réaliseront un état des lieux de la situation actuelle en ce qui concerne le ciblage. Dans cette perspective, une réunion sera organisée permettant au PNCS et au Groupe Sectoriel d’Education (GSE) de faire état de la couverture actuelle et de partager leur prévision quant au ciblage et bénéficiaires pour les années à venir.

Le PNCS vérifiera si les écoles bénéficiaires restent localisées dans les zones les plus vulnérables en termes de pauvreté, premier critère de sélection à l’origine du projet. Par la suite il proposera un nouveau ciblage. 

Les différents PTFs du sous-secteur (PAM, ACDI, Banque mondiale…)  poursuivront le dialogue et appuieront le PNCS et le MENFP dans le développement de sa politique sur la santé et nutrition scolaire.

L’application d’un nouveau ciblage dépendra de la disposition de ladite politique d’ici l’année scolaire 2015-16 et de la décision du MENFP.  Ce changement fera l’objet d’un plan d’actions préalable pour assurer une transition coordonnée.

L’indicateur de suivi de la présence des élèves en salle de classe dans les écoles bénéficiant des services de santé et nutrition a été introduit au niveau de l’objectif du projet dans le cadre de résultats. La ligne de base sera calculée en utilisant un échantillon représentatif des écoles haïtiennes qui ne reçoivent pas de services de santé et nutrition (en se basant sur les données de la Direction de la Planification et de la Coopération Externe (DPCE) et des visites de terrain pour confirmer l’homogénéité des écoles utilisées), pour obtenir une moyenne de présence scolaire dans ces écoles. Ces informations seront recueillies par des firmes externes.