L’idée de la gratuité et de l’universalité de l’éducation en Haïti s’est dégagée dans toutes les Constitutions de la République,  mais s’est encore mieux précisée dans celle de 1987 en ses articles 32.1 à 32.3. Article 32.1: « L'éducation est une charge de l'Etat et des collectivités territoriales. Ils doivent mettre l'école gratuitement à la portée de tous, veiller au niveau de formation des Enseignements des secteurs public et privé ». Article 32.3: « L'enseignement primaire est obligatoire sous peine de sanction à déterminer par la loi. Les fournitures classiques, et le matériel didactique, pris en charge par le Gouvernement, seront mis à la disposition des élèves au niveau de l'enseignement fondamental ».Ces principes ont été renforcés par la participation et l’entérinement par Haïti de toutes les conventions sur l’éducation pour tous.

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Formation initiale accélérée des enseignants

 

Cette sous-composante appuiera la formation initiale accélérée des enseignants de l’enseignement fondamental (1er et 2ème cycles). On acceptera en priorité les candidats venant de zones ayant un accès minimal aux services éducatifs. En partenariat avec des instituts de formation des maîtres, le programme dispensera une formation intensive en salle de classe, pendant un an, suivi de deux ans de pratique en classe. Des améliorations seront apportées au contenu pédagogique du programme de la FIA. Selon la conception actuelle du programme, les participants recevront des bourses pendant leurs années de stage et, une fois leur diplôme obtenu, pourront être recrutés dans les établissements participant au programme de dispense des frais de scolarité et au programme appuyé sur les communautés, ce qui rehaussera la qualité de l’enseignement dispensé dans les écoles participantes.

Actuellement, la FIA rentre dans sa phase finale suite à la décision du MENFP de ne plus recruter de nouvelles cohortes d'élèves-maîtres. La troisième cohorte qui en est la dernière va débuter sa deuxième année de formation en stage pratique. D'ici aout 2015 avec la graduation de cette dernière cohorte, la FIA sera complètement fermée.Les enseignants diplômés des deux premières cohortes doivent recevoir sous peu leur diplôme du MENFP.

La formation initiale accélérée (FIA) a démarré en 2009. Deux mille sept cent cinquante  (2750) étudiants-maîtres ont suivi la phase 1 de la formation en institution dite Mise à niveau académique (MNA) dans 18 instituts de formation de maitres (IFM), appelés École Normale d’Instituteurs (ENI). Ces IFM appartiennent tant au secteur public qu’au secteur non public. La deuxième phase est la formation professionnelle en institution (FPI) dont l’objectif principal  est de permettre au futur enseignant d’acquérir les compétences pédagogiques et didactiques nécessaires à l’accomplissement de la fonction enseignante. Pour y parvenir, la FPI est organisée autour de six programmes de formation pédagogique d’une durée totale de 210 heures et de sept programmes de didactique des disciplines qui totalisent 450 heures de formation.

Pour compléter sa formation professionnelle, l’étudiant-maître effectuera dans les écoles fondamentales publiques et privées une formation pratique d’un mois, soit 120 heures de travail. Cette formation pratique comprend un stage d’observation d’une semaine (30 heures) et un deuxième stage dit d’imprégnation de trois semaines (90 heures). Ces deux stages constituent pour l’étudiant-maître un lieu d’apprentissage et de pratique de l’enseignement. La confrontation avec la réalité enseignante et la prise de responsabilité doivent l’amener à acquérir progressivement des savoir-faire professionnels et à construire son propre style d’enseignement.

Durant les deux stages, l’étudiant-maître bénéficie d’une supervision pédagogique assurée par un encadreur formateur mandaté par l’IFM et d’un encadrement rapproché assuré par un enseignant de l’école associée. Étudiant stagiaire, enseignant associé et superviseur pédagogique constituent ainsi une triade au sein de laquelle se développe toute une dynamique de relations pédagogiques et de relations interpersonnelles. Cette triade ne se referme cependant pas sur elle-même ; elle englobe aussi l’apport du directeur ou de la directrice de l’école et celui des autres intervenants du milieu scolaire comme les SAP/DDE et les EFACAP. Au cours de la deuxième année académique du cycle de formation initiale, l’Étudiant-maitre réalise son stage de formation pratique en responsabilité (SPR) qui se déroulera essentiellement dans le milieu scolaire. Affecté dans une école, l’étudiant-maître aura, pendant 9 mois, à se forger à la réalité de l’enseignement en ayant la pleine responsabilité d’une classe. La supervision du SPR est assurée principalement par le conseiller pédagogique appuyé par le directeur de l’école d’affectation. Durant cette première année de formation pratique, le superviseur institutionnel et les professeurs de l’IFM offriront au stagiaire trois modules de formation qu’il étudiera en autonomie: 

  • Le premier module portera sur la tenue des documents pédagogiques et administratifs;
  • Le deuxième sur l'analyse réflexive; 
  • Le troisième sur les problématiques spécifiques en éducation (éducation relative à l'environnement,éducaton à la santé et au VIH/SIDA, éducation à la citoyenneté et à la bonne gouvernance, genre et équité ect.)

Les compétences développées par les stagiaires en autonomie seront évaluées et approfondies lors des journées mensuelles de régulation que le superviseur organisera pour l’ensemble des stagiaires évoluant dans sa zone d’intervention.

L’étudiant-maître retournera en institution durant le dernier mois de l’année scolaire. Ce retour sera mis à profit par les formateurs pour répondre aux difficultés que les étudiants ont rencontrées et relevées tout le long du stage, tant sur le plan des contenus à enseigner que sur celui des stratégies d’enseignement à déployer. Cette formation complémentaire constituera un moment opportun pour l’étudiant d’objectiver et de porter un regard critique sur l’expérience qu’il a vécue durant le stage en responsabilité.

En suite, vient le Stage d’Insertion Professionnelle (SIP) qui se déroulera au cours de la dernière année du cursus de formation. Le SIP permettra au futur enseignant de consolider en 9 mois ses connaissances en regard de l’intervention pédagogique dans les deux premiers cycles de l’école fondamentale et de renforcer le développement des compétences liées à la tâche de l’enseignant. Il lui permet également de poursuivre le cheminement professionnel amorcé dans le stage précédent par son intégration et son implication dans les activités de formation continue, d’une part, et sa participation dans les programmes sociocommunautaires, d’autre part. Pour le préparer à cette fonction d’agent de développement, les formateurs de son institution lui feront bénéficier de deux modules de formation : le premier module traitera de la législation scolaire et de l’éthique professionnelle, le deuxième sera axé sur le partenariat et les relations École-Milieu. Ces modules seront étudiés en autonomie par les stagiaires et débattus au cours des journées de régulation que tiendront les superviseurs pédagogiques.

Les étudiants-maîtres retourneront dans leur institution d’origine le dernier mois de cette troisième année académique. Avec l’appui des formateurs de l’IFM et des superviseurs pédagogiques, ils consacreront ce temps à la rédaction d’un essai de synthèse démontrant une capacité de réflexion critique sur le métier d’enseignant et son vécu professionnel au cours des deux années de formation pratique sur le terrain